The Stronghold Critique du film: Un conte moral qui hésite à dépasser les clichés du film policier.

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Il est surprenant de savoir que The Stronghold (BAC Nord) du réalisateur français Cédric Jimenez a été présenté en avant-première dans la section hors compétition de Cannes 2021. Ce n’est pas le genre de film que l’on trouve dans la programmation exceptionnelle du célèbre festival. Cependant, une première au pays avant de se rendre sur Netflix (sa maison légitime) ne semble pas vraiment être une idée farfelue maintenant. Bien qu’il y ait des chances que le film en français se perde dans le catalogue capricieux et en constante expansion des géants du streaming, il y a aussi une chance majeure que ce soit juste le succès de pantoufle qui émergera de l’algorithme favorable au genre pour lequel Netflix est maintenant célèbre.

Il coche très bien la plupart des cases qui fonctionnent avec le public de Netflix. Il y a de l’action intense qui équilibre son histoire basée sur le crime dans un va-et-vient entre la police et les voyous. Il y a aussi l’élément copain-flic qui montre les trois personnages centraux dans un déchaînement de testostérone. Et pour faire bonne mesure, il y a l’arc dramatique qui place ces personnages dans une situation qui va changer leur vie. C’est une autre histoire qu’ils ne fonctionnent pas vraiment dans leur intégralité.

Quoi qu’il en soit, pour en venir au film lui-même, La Forteresse est basée sur des événements réels qui se sont déroulés dans la banlieue nord de Marseille. Ces banlieues ont été distribuées en fractions ressemblant à des colonies qui détenaient autrefois le taux de criminalité le plus élevé de toute la France. Le film s’ouvre sur Yass (Karim Leklou) qui sort de prison, avant de se déplacer huit mois en avant. Cet homme d’âge mûr fait désormais partie d’une équipe de trois policiers à la poursuite d’un Candyman (un trafiquant de drogue local).

S’ouvrir sur une séquence comme celle-ci, où Jimenez utilise son travail de caméra frénétique pour mettre le public dans le siège du conducteur, devrait récolter des résultats immersifs. Mais dès la fin de la séquence, Jimenez utilise un morceau de rap américain pour clore la séquence sur la fragilité de ces trois flics. François Civil joue Antoine, le beau gosse de la brigade qui est en relation étroite avec une informatrice Amel (Kenza Fortas). Sa solitude est sous-entendue, à chaque fois qu’il rencontre Amel ou lorsqu’il se retrouve chez lui avec son chien et un blunt. Greg (Gilles Lellouche) est la tête brûlée du groupe et est sur le point d’être père avec sa femme Nora (Adèle Exarchopoulos) qui se trouve également être dans la police.

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On ne parle pas beaucoup de Yass mais je dois avouer que sa présence à l’écran est spectaculaire. Tous les trois sont fatigués de leur agitation quotidienne où ils doivent soit faire entrer des trafiquants locaux qui vendent illégalement des cigarettes ou des tortues, soit affronter des hommes armés de fusils chargés. Ces personnes mènent librement leurs agendas et leur commerce de drogue au sein de ces colonies. Yass et ses collègues ne peuvent rien faire pour leur demander des comptes et doivent simplement reculer comme des poules mouillées.

Cela les énerve vraiment et, bien qu’ils ne soient pas des messies à l’état pur (ils font souvent des activités illégales de leur propre chef), ils sont à l’affût de quelque chose de gros qui leur tomberait dessus. Par chance, l’ami de Yass et leur officier supérieur leur offre l’opportunité de démanteler un important réseau de drogue. Ce coup implique beaucoup de planification, ainsi que la corruption de l’informateur d’Antoine qui leur demande une réserve de 5 kg d’herbe. Le seul problème est qu’ils ne peuvent pas la prendre dans celle qui a été confisquée au poste de police. Les choses deviennent plus intenses lorsqu’ils font la saisie de la drogue et que toutes leurs vies sont mises en danger par la suite.

Maintenant, le film de Cédric Jimenez suit une narration assez sèche et simpliste qui deviendra instantanément familière aux personnes qui regardent beaucoup d’émissions ou de films américains qui incluent des équipes de SWAT et autres ouï-dire. En fait, ce film a plus de penchants américains qu’on ne pourrait l’imaginer. La caractérisation de surface est étroitement associée à une structure qui place tout dans un mode linéaire.

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Si le film s’inspire également de son homologue français Les Misérables (2019), nommé aux Oscars par Ladj Ly, et du film policier brésilien Elite Squad (2007), la structure américanisée l’empêche de devenir quelque chose de plus profond. Imaginez l’Irlandais de Scorsese (2019), mais au lieu de gangsters, il s’agit d’un groupe de flics violant la loi. À peu près comme le troisième acte du susmentionné, The Stronghold remet également en question ces flics et leur moralité.

Cependant, le film n’est jamais trop pressé de se plonger dedans. Alors que la saisie de drogue est pleine d’action et contribue à faire monter l’adrénaline, le film évite toujours de livrer une position politique forte et claire. C’est particulièrement absurde parce que tout un temps est investi dans ces flics et les conséquences de leurs actions, mais le film manque de nuance, ou d’audace pour regarder en dessous et au-delà.

Pour le public de Netflix qui aime les algorithmes, ils vont probablement passer à la caisse juste après que le film ait fait le gros coup de drogue. Après cela, il essaie de dire quelque chose mais n’a pas les outils ou le bon message politique pour le délivrer clairement. Je pense que Jimenez voulait vraiment étudier ce que pouvait donner le fait d’aller au-delà des limites de la loi pour rendre la justice. Mais il n’a pas réussi à le faire ici. Bravo pour la partition de Guillaume Roussel. Le calme avant la tempête est un morceau qui habite complètement l’espace mental et physique dans lequel se propage le film, et j’aurais aimé que l’écriture et la mise en scène prennent le relais.

Note: 2/5